InfoJuri 07-2024: Les nuisance sonores dans l'entreprise
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Le bruit constitue une nuisance majeure dans le milieu professionnel qui se caractérise par une sensation auditive gênante. Il peut provoquer non seulement des surdités mais aussi gêne, fatigue cognitive et stress qui, à la longue, ont des conséquences sur la santé du salarié et la qualité de son travail. Pourtant, des moyens existent pour limiter l’exposition des travailleurs aux nuisances sonores. Du traitement acoustique des locaux à l’encoffrement des machines bruyantes, les mesures collectives de lutte contre le bruit sont les plus efficaces.
Le niveau de bruit se mesure en décibel (dB). On considère que l’ouïe est en danger à partir d’un niveau de 80 décibels durant une journée de travail de 8 heures. Par ailleurs, si le niveau instantané est extrêmement élevé (supérieur à 135 décibels), toute exposition, même de très courte durée, est dangereuse. Le dépassement de ces valeurs peut conduire à de la fatigue auditive (phénomène réversible) et à une surdité (phénomène irréversible). Les surdités peuvent être reconnues comme maladies professionnelles (tableau de maladie professionnelle n°42 du régime général).
Le bruit est également cause de gêne, de fatigue cognitive, de stress, ainsi que de troubles cardiovasculaires et de troubles du sommeil. De plus, il n’affecte pas seulement la santé : en empêchant de se concentrer, il nuit également à la qualité du travail et peut même être à l’origine d’accidents. Le bruit peut ainsi avoir des effets sur le comportement et le travail : énervement, agressivité, manque de concentration… ou sur la détection de signaux sonores d’avertissement (alarme incendie...) ou de bruits d’engins.
La réglementation française se trouve aux articles R.4431-1 et suivants du Code du travail et s’articule autour de trois axes principaux :

Il convient d’intégrer le risque bruit dans le DUERP afin de positionner la surdité professionnelle comme risque à part entière et de prévoir les actions de préventions nécessaires. Lors d’une inspection, les membres du CSE doivent se poser les questions suivantes :
Les membres du CSE peuvent faire réaliser une mesure d’identification du risque de surdité professionnelle par du personnel compétent. Un premier niveau de dépistage consiste à effectuer une cartographie générale à l’aide d’un sonomètre. Un second niveau de dépistage avec la dosimétrie si les valeurs limites sont dépassées et des mesures à l’aide d’un exposimètre (appareil porté par l’opérateur pendant la durée de son poste) doivent être réalisées, selon la norme NF S31-084.