Les troubles musculo-squelettiques (TMS)

  • Ma santé au travail

Depuis plus de 20 ans, les Troubles Musculosquelettiques (TMS) constituent la première maladie professionnelle reconnue en France et dans d’autres pays européens. 87% des maladies professionnelles reconnues sont des TMS, 20 % des accidents du travail sont liés au mal de dos.

Les TMS, qu’est-ce que c’est ?

Les TMS représentent un ensemble de pathologies affectant les structures autour des articulations (muscles, tendons, nerfs, ligaments) principalement au niveau des membres supérieurs et inférieurs, ainsi que de la colonne vertébrale. Le syndrome du canal carpien est la pathologie la plus connue et la plus répandue. Les TMS constituent une préoccupation majeure en matière de santé au travail du fait de leur fréquence, de leur impact sur la qualité de vie des travailleurs et de leur coût économique pour les entreprises et la société. Les TMS se caractérisent par une douleur ou une gêne mais également, pour les TMS des membres supérieurs, par une certaine raideur, de la maladresse, ou encore une perte de force.


Tous les secteurs d’activité et toutes les catégories professionnelles peuvent être impactées par les TMS. Malgré tout, les ouvriers, les salariés du secteur du BTP ou de l’industrie et les personnes avec une forte ancienneté sont les principaux touchés. Mais des TMS peuvent apparaître très vite dans le cas de poste mal aménagé !

Causes des TMS

Les TMS sont des conséquences, ils résultent :

  1. Répétitivité des mouvements : Des gestes répétitifs sur de longues périodes peuvent surcharger certaines
    parties du corps.
  2. Efforts intenses : Le port ou la manipulation de charges lourdes peuvent solliciter excessivement les muscles et les articulations.
  3. Postures contraignantes : Le maintien prolongé de postures inadaptées ou inconfortables peut contribuer au développement de TMS.
  4. Vibrations mécaniques : L'utilisation régulière d'outils vibrants peut entraîner des lésions musculosquelettiques.
  5. Facteurs psychosociaux : Le stress, la pression du travail et le manque de soutien peuvent également influencer l'apparition des TMS.

Prévention des TMS : agir sur les causes

La prévention des TMS passe par une approche globale qui intègre l’organisation du travail, l’ergonomie des postes, la formation des travailleurs et la gestion des facteurs psychosociaux.


Quelques stratégies de prévention incluent :

  1. Analyse ergonomique des postes de travail : Adapter les postes pour réduire les contraintes physiques sur les travailleurs.
  2. Rotation des tâches : Limiter l’exposition aux tâches répétitives et aux postures contraignantes par la rotation
    des personnels
  3. Formation et sensibilisation : Former les travailleurs aux bonnes pratiques ergonomiques et à l’utilisation correcte des équipements.
  4. Pause et récupération : Encourager la prise de pauses régulières pour permettre aux travailleurs de récupérer.
  5. Participation des salariés et du CSE : Impliquer les travailleurs dans l’identification des risques et la mise en œuvre des solutions de prévention.

 Le CSE doit exercer son rôle à 3 niveaux

  1. Aider dans l’élaboration d’un diagnostic large pour dépister les situations les plus à risque de TMS dans l’entreprise. Cette première étape permet de déceler la présence éventuelle de facteurs de risque de TMS aux postes de travail. Des indicateurs peuvent être utiles (plaintes des salariés, maladies professionnelles, accident du travail, incidents, restriction médicales inaptitudes de salariés, absentéisme, turn-over…).
  2. Repérer les facteurs de risques dans les situations de travail. (Durée de la phase de travail, postures adoptée, temps de maintien de la posture…)
  3. Elaborer des solutions pour réduire le risque de TMS, en agissant notamment dans la conception des outils, des produits et plus largement du poste de travail, enrichissement des tâches pour casser la monotonie, formation des salariés, pauses de récupérations musculo-tendineuse. Pour cette phase le recours au médecin du travail, à un ergonome peut s’avérer utiles.


Par ailleurs, le CSE peut encourager l’employeur à prévoir la formation Prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP). Cette formation s’inscrit dans une démarche de prévention, elle contribue à diminuer les risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles liés aux activités physiques. Cette formation permet aux travailleurs de connaitre les risques de leurs métiers, observer et analyser leurs situations de travail et
être force de propositions d’amélioration des conditions de travail.

Cadre légal

En France, la prévention des TMS n’est pas explicitement transcrite. Cependant elle apparaît sous différentes formes, notamment dans le Code du travail qui impose aux employeurs l'obligation d'évaluer et de prévenir les risques professionnels, y compris les TMS, via l’obligation générale de sécurité.
Cette obligation se retrouve par ailleurs à travers les principes généraux de prévention (Voir infojuri n°15-2024),
via le quatrième principe adapter le travail à l’homme en particulier en ce qui concerne la conception des postes de
travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé.

InfoJuri 04-2025 : Les troubles musculo-squelettiques (TMS)

  • InfoJuri 01-2025 : Santé au travail des femmes, un enjeu juridique et social

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